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Dans sa nouvelle exposition, Rêves cubiques, où il explore les ramifications bidimensionnelles et tridimensionnelles du cube, Arthur Munk ébranle nos idées reçues sur les rapports entre forme et espace.
Dans une série de grands tableaux, apparaît une forme à angle droit répétée en grand nombre, d’abord comme figure linéaire, franche et dépouillée, puis ailleurs elle devient un motif qui rappelle les règles géométriques de représentation des volumes dans le plan. Proliférant encore, cette forme – si essentielle dans l’univers perceptuel – se multiplie et devient étrangement volatile, évoquant ainsi le caractère instable de la perception. Cette fugue précipitée est amplifiée par la reprise de cette même forme dans des pièces de mobilier grossièrement équarri et réparti au sol entre les tableaux. Empruntant le style maintenant classique de Rietveld, ces chaises et ces tables sont construites en bois de rebus. Elles adoptent une approche « anti-design » qui tout à la fois singe et complète les allusions dans les tableaux.
En insistant sur la nature indéterminée de cette figure élémentaire (S’agit-il d’abstraction géométrique? D’un élément dans l’espace? D’un volume construit?), le travail récent de Munk questionne la valeur de toute supposition et rappelle qu’un jugement, qu’il soit formel ou non, est une négociation de champs de tension, parfois entre des pôles opposés – des antagonistes – mais aussi de manière plus intrigante, entre vases communiquants et leur débordements.
Peter Dubé, 2005
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