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Le développement d ' une œuvre plastique semble parfois s ' appuyer sur une dynamique générée par un dialogue entre deux pôles. Cet échange peut alors prendre des allures de match de ping-pong et se déployer dans un va-et-vient continu où se mettent en place des variations de positions, de forces appliquées, d ' effets de dérive, de feintes. À d ' autres moments ,cette dynamique ressemble davantage aux déplacements d ' une boule de billard heurtant les obstacles selon une impulsion de départ. Il se pourrait bien que ces deux types d ' interaction servent de modèles à deux stratégies permettant le développement d ' idées plastiques. La première engendrerait l ' ensemble des variations possibles à partir d ' un nombre limité de variables : la seconde serait plus propice aux aléas de l ' accident. Si Arthur Munk semble avoir une prédilection pour le second modèle, dans la mesure où intervient dans celui-ci une certaine indétermination ou une série de réactions difficilement prévisibles dans leur complexité, il n ' en demeure pas moins que la rigueur de l ' artiste lui fait poursuivre depuis quelques années un travail où deux pôles d ' attraction se dégagent de façon récurrente.
Son travail récent semble prendre place entre deux modes d ' appréhension de l ' espace où chacun de ceux-ci contamine l ' autre, se transpose en lui. Non pas au sens où sa pratique oscille entre peinture et sculpture. Il semble qu ' il est davantage question de rendre manifeste un lieu intermédiaire : ce lieu de passage du volume au plan au volume où il s ' inscrit. Disons les choses autrement : d ' une part , il y a le mode dans lequel se meut tout corps physique et d ' autre part ,celui où s ' inscrit une figure possible ,parfois fragmentaire de ces corps. De ces deux modes de spatialisation , il semble se jouer devant nous dans l ' évolution de ce travail un échange continuel qui met en scène le glissement de l ' un à l ' autre .
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